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Fabrice Fosse enseignant de l'ASBR Aïkido

Entretien avec Fabrice Fosse enseignant de l’ASBR Aïkido.

Fabrice Fosse

Chronologie
1982 Premier cours d’aïkido
1989 1er dan
1992 2e dan
1996 3e dan
2002 4e dan
2012 5e dan

Comment as-tu commencé l'aïkido ?

Attiré par les arts martiaux japonais, j'ai pratiqué le judo pendant l'adolescence. Par la suite, un ami m'a conseillé l'aïkido. J'ai donc commencé l'aïkido en 1982 à l'ASBR avec Alain Redor, un élève de Daniel Jotereau. C'était la dernière année où le club était affilié à la FFJDA ; il est ensuite passé à la FFAAA, qui venait de se créer. J'ai continué ma formation en suivant les cours de Jean-Michel Poiret, l'ami qui m'avait amené au club et en était devenu l'enseignant vers 1987/1988. Par la suite, j'ai principalement suivi Franck Noël, Joël Roche et Seishiro Endo.

Qu'est-ce qui fait la spécificité de l'aïkido ?

O Sensei a voulu transmettre un état d'esprit humaniste, qui doit réunir plutôt qu'opposer. L'aspect « défense » de l'aïkido n'est pas une fin en soi, il s'agit plutôt de s'appuyer sur une situation de conflit pour grandir humainement et mieux appréhender les relations avec autrui. L'aïkido se distingue de la plupart des autres disciplines par sa manière spécifique de régler ce conflit sans chercher à détruire l'autre ou à s'imposer à lui. L’Aïkido ne se contente pas d’avoir une préoccupation non-violente . Cette non-violence est contenue elle-même dans la pratique, dans la technique.

À quoi servent les armes ?

Le travail des armes est un formidable outil pour appréhender le travail à mains nues, puisque l'on y retrouve les mêmes éléments et les mêmes principes. Il n'est pas obligatoire, mais pourquoi s'en priver ?

Quel sens donner à la tradition ?

Il est important de ne pas appliquer les règles traditionnelles seulement par rigorisme ou par goût de l’exotisme, mais au contraire de chercher à percevoir leur sens. La tradition permet alors de transmettre des valeurs, une manière d'être, un mode de vie.

Quel est le rôle des grades ?

Sans exagérer leur importance, ce sont de très bons leviers pour baliser une progression. Les grades peuvent être un moyen de se situer sur la voie, de travailler spécifiquement pour avancer. Ils ne doivent cependant pas prendre le pas sur le do, que l'on peut définir comme un esprit de recherche et de développement personnel.

Que fais-tu maintenant ?

Je continue de chercher à avancer. L'aïkido peut se pratiquer longtemps car il permet de se préserver, et il y a toujours des choses à découvrir. L'enseignement est également très important, car la transmission est un aspect essentiel de l'aïkido.

Philippe Bocquet enseignant de l'ASBR Aïkido

Philippe Bocquet

2ème DAN BF

Comment as-tu commencé l'aïkido ?

J'ai commencé l'Aïkido à 27 ans, 3 mois environ. Puis une toute petite blessure m'a éloigné du tatami pendant un mois. Cela a été suffisant pour que la motivation descende et je ne suis pas revenu. Un début hélas très classique somme toute. Fin du premier acte.

Deuxième acte : à 35 ans j'ai vu la nécessité de faire du sport pour cause de trop grande sédentarité. Je me suis mis au Shorenji Kempo (boxe de Shaolin) qui m'a beaucoup plu. Le club dans lequel j'étais organisait avec le club d'Aïkido du même dojo une séance d'échange chaque année : chacun proposant une initiation à l'autre club, tout le monde pratiquant ensemble. J'ai été très impressionné par la fluidité des techniques d'Aïkido et par la facilité avec laquelle les aïkidokas me mettaient au sol et m'empêchaient de ré-attaquer, toujours avec beaucoup de légèreté et de douceur. Il est resté dans un coin de ma tête l'absolue évidence qu'il me faudrait faire de l'Aïkido un jour... mais pas maintenant car le Shorenji Kempo continuait à bien me brancher.

3ème acte : j'ai emménagé à Rezé. Ça devenait pénible de traverser tout Nantes aux heures de circulation pour aller faire du Kempo, il y avait un club d'Aïkido à 500 mètres de chez moi. Je suis passé faire un tour pour voir. On m'a proposé de faire une séance d'essai mais j'ai tout de suite signé pour une année d'essai. Et c'est comme ça que j'ai commencé pour de bon à 40 ans.

A quoi sert l’Aïkido dans ton quotidien ?

Pour paraphraser le petit Prince de Saint Exupéry, l'Aïkido est utile puisque c'est beau!

Pour le reste il m'a permis de mieux me connaître et de mieux comprendre les autres. Je trouve que l'Aïkido permet un accès direct a certains ressentis. Je ne dis plus bonjour de la même façon...

Que voudrais-tu transmettre dans tes cours ?

Le plaisir de chuter, de se relever, puis de recommencer. Puis plus tard celui de progresser sans cesse. Pour moi l'Aïkido est avant tout une pratique : on vient, on travaille, on progresse (ou pas, ça dépend des jours) et tout ça dans la bonne humeur. Dans cette optique là je vois mon rôle de moniteur d'Aïkido comme celui d'un passeur d'expérience: je voudrais transmettre ce qu'on ma donné, c'est déjà énorme comme objectif.